Les News du New Space [8]

Mi-mai 2022 :  Choisis ton micro-lanceur.

Bienvenue dans cette revue de presse ! C’est un nouveau format d’article où je choisirai quelques actualités parmi les plus intéressantes dans le monde du New Space en 2022. Cette revue de presse sera bimensuelle. Pour comprendre pourquoi il est si important de s’intéresser à tous ces nouveaux acteurs du spatial, vous pouvez faire un tour au bilan de 2021 sur le blog. Revue spéciale micro-lanceurs aujourd’hui : beaucoup d’actus sont tombées dans ce domaine lors de cette dernière quinzaine.

Astra présente un nouveau lanceur

Après la Rocket 3, voici la Rocket 4 ! Ce 12 mai à l’occasion du Spacetech Day à Alameda en Californie, la compagnie a donné des détails. Ce nouveau lanceur restera modeste mais plus puissant que la Rocket 3. La Rocket 4 sera capable d’emporter jusqu’à 200 kg de charge utile en orbite héliosynchrone (300 kg en orbite basse). Astra souhaite que le prix de base d’un vol soit de 3.95 M$. En comparaison, l’actuelle Rocket 3 peut emporter 150 kg de payload en orbite héliosynchrone.

La différence a l’air modeste, mais Astra estime que la Rocket 4 conviendrait plus au marché, en se basant sur le fait que le poids moyen des satellites serait autour de 180 kg d’ici dix ans. La grande différence réside dans l’étage principal. Celui de la Rocket 4 sera équipé de deux moteurs plus grands que les moteurs Delphin équipant la Rocket 3 (5 pour le premier étage). Les nouveaux moteurs seront équipés de turbopompes, les rendant plus complexes, et utiliseront du kérosène et de l’oxygène liquide comme ergols. Ils apporteront une poussée deux fois plus grande que celle de la Rocket 3 au décollage.

Il n’est pas question de réutilisation. Astra souhaite réaliser des vols de Rocket 4 à cadence hebdomadaire. Pour cela, la compagnie souhaite réduire le nombre de personnes nécessaires pour contrôler le décollage à seulement un pilote et son copilote. Pour la logistique, la Rocket 4 pourra être transportée dans un simple container et pourra décoller depuis une rampe mobile. Un premier vol test est attendu à la fin de l’année, selon le calendrier d’Astra Space.

En plus de dévoiler la Rocket 4, Astra a décidé de faire décoller la Rocket 3 depuis le futur astroport SaxaVord, situé dans les îles Shetland. Un premier vol est prévu en 2023.

Visuel de la Rocket 4. (Astra Space)

Nouvel échec pour l’Hyperbola-1

Ce micro-lanceur chinois joue décidément de malchance ! Ce nouvel échec s’ajoute à deux autres précédents et consécutifs qui ont eu lieu en 2021. Seul le vol inaugural fût un succès, qui d’ailleurs marqua l’histoire du spatial chinois car c’était le tout premier succès d’un vol de fusée 100% privée dans le pays, le tout premier du New Space chinois. Depuis, la start-up iSpace n’arrive pas à sortir de cette spirale infernale. Ce troisième échec consécutif a eu lieu le 13 mai depuis le Jiuquan Space Center. Il y avait un satellite d’observation Jilin-1 de la Chang Guang Satellite Technology Co. à bord.

L’Hyperbola-1 est un micro-lanceur de première génération : elle dispose de quatre étages, tous à propulsion solide. Mais tous les échecs ont en commun la même version de la fusée, différente de celle du tir inaugural en 2019 et censée être plus puissante avec une capacité de 300 kg de charge utile en orbite héliosynchrone. Pour cela, cette seconde version est plus grande et a un plus fort diamètre.

Une partie du design de l’Hyperbola-1 provient de l’héritage d’ancien missiles balistiques intercontinentaux, cédé par la défense chinoise en soutien envers les start-ups du New Space. Il s’agissait d’un premier jalon pour lancer l’activité rapidement pendant qu’iSpace développe l’Hyperbola-2, un lanceur plus gros, à propulsion liquide et réutilisable, dont le premier vol est prévu dans les prochaines années.

D’autres start-ups du New Space chinois en sont au même stade, comme Landspace qui a abandonné sa Zhuque-1 après l’échec du tir inaugural en 2018, ou encore Onespace qui n’a jamais retenté l’orbite suite à l’échec du premier vol de la OS-M1. Seule Galactic Energy tient le coup avec un troisième vol de la Ceres-1 prévu en juillet. Une autre start-up, CAS Space (spin-off de la CAS), est en train de développer un lanceur avec le plus gros moteur solide jamais créé.

Visuels des deux versions de l’Hyperbola-1. La version de droite, plus puissante a échoué par trois fois à atteindre l’orbite. (iSpace)

L’Electron fait un grand pas vers la réutilisation.

C’est un vol qui était attendu depuis longtemps, le vol ‘’There and Back Again’’ qui a décollé dans la nuit du 2 au 3 mai depuis Mahia Peninsula est un succès. Il a été marqué par le succès de la capture par hélicoptère du booster principal. Le succès reste toutefois mitigé car l’hélicoptère a dû le relâcher quelques secondes après par sécurité.

Il s’agit là d’un grand pas vers la réutilisation du booster de l’Electron souhaitée par le PDG de Rocket Lab Peter Beck. Il n’est pas indiqué quand aura lieu la prochaine tentative, la compagnie doit d’abord analyser les données du vol et préparer le prochain prévu à la fin du mois et qui est très particulier. En effet, le passager est la sonde CAPSTONE de la NASA, à destination de l’orbite lunaire. Pour l’aider, Rocket Lab l’attache à un étage supérieur Photon modifié, pour assurer l’insertion en orbite cis-lunaire. Décollage prévu à partir du 31 mai.

Vue depuis l’hélicoptère du booster de l’Electron descendant sous son parachute juste avant d’être capturé. (Rocket Lab)

En bref

Orbex dévoile le prototype de Prime

Nous en avions peu de nouvelles, la start-up Orbex a dévoilé le 11 mai un premier prototype complet de son micro-lanceur Prime. Le vol inaugural est toujours prévu d’ici la fin de l’année mais cela semble difficile étant donné que le chantier du pas de tir à Sutherland en Ecosse avait pris beaucoup de retard. Dans l’immédiat, des tests du prototype sont prévus sur le pas de tir.

Mode Pink Floyd Pulse lors de la révélation du prototype de Prime à Sutherland. (Orbex)

Virgin Orbit agrandit sa flotte d’avions-porteurs

Alors que la cadence des vols du micro-lanceur aéroporté LauncherOne reste faible, Virgin Orbit va recevoir deux avions-porteurs supplémentaires. Aujourd’hui, la compagnie de Richard Brandson ne dispose que du Boeing 747 modifié ‘’Cosmic Girl’’. Deux nouveaux appareils permettront d’agrandir la flotte et de décoller des nombreux aéroports où Virgin Orbit souhaite s’installer tels que Guam, Cornwall, mais aussi au Japon, etc.

PLDSpace se rapproche du vol de son démonstrateur

La compagnie espagnole a indiqué que le démonstrateur Miura-1 arrive à la veille de son lancement. Les tests statiques de mise à feu sont terminés. Il ne reste plus qu’un test de qualification faisant office de répétition générale avant de démarrer la campagne de vol. Le vol de la Miura-1 prévu cette année servira à qualifier le moteur TEPREL avant de l’intégrer dans le lanceur orbital Miura-5.

Ouverture : petit lanceur devient privé, pourquoi pas les grands ?

On en discute de plus en plus et c’est déjà le cas aux Etats-Unis : les petits lanceurs sont désormais l’affaire de compagnies commerciales et plus des agences. Cette transformation s’illustre par l’incroyable offre proposée par le New Space en Europe, en Chine et aux USA en termes de micro-lanceur. Mais pourquoi pas en faire de même pour les gros lanceurs ? Certains proposent que les agences spatiales soient passagères sur tous les vols à l’exception des super-lourds, comme la SLS.

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