Les news du New Space

janvier 2022 : déploiement massif !

Bienvenue dans cette revue de presse ! C’est un nouveau format d’article où je choisirai quelques actualités que je juge les plus pertinentes parmi toutes celles qui animent le New Space en 2022. Quelques nouvelles provenant du spatial plus classique pourraient également apparaître. J’espère que ça vous plaira.

Cette revue de presse me semble de plus en plus nécessaire pour s’y retrouver dans la richesse de ces actualités. Après une année 2021 de tous les records, 2022 s’annonce florissante !

Passage de la Falcon 9 du vol Transporter 3 devant le Soleil (SpaceX)

Transporter-3, le déploiement massif

Le bal du New Space commence le 13 janvier par la mise en orbite d’une bonne centaine de satellites à bord d’une fusée Falcon 9 de SpaceX. La compagnie a pour projet de proposer dès cette année jusqu’à quatre vols rideshare par an à destination de l’orbite géostationnaire. Ils sont parmi les moins chers du marché jusqu’à présent.

Dans l’attente d’une meilleure disponibilité des petits lanceurs, ces vols rideshare sont cruciaux pour la mise en orbite des satellites de tous ces acteurs du New Space. Beaucoup proposent leurs services à l’aide d’une constellation (navigation, internet des objets, relai de données, télécoms, imagerie, etc.). Tous les passagers à bord de Transporter-3 sont détaillés dans l’article dédié. On peut noter la forte présence de Planet, compagnie pilier du New Space spécialisée dans l’imagerie terrestre, avec 44 cubesats SuperDove à bord.

SpaceX Will Launch 44 Planet SuperDove Satellites That Take Aerial Images Of Earth’s Surface
Visuel d’un cubesat SuperDove de Planet

Nouveau vol pour la LauncherOne

Le bal continue avec un autre lancement le 13 janvier, celui de Virgin Orbit et de leur micro-lanceur aéroporté LauncherOne. Ce petit lanceur est capable d’emporter jusqu’à 300 kg de charge utile en orbite héliosynchrone. La LauncherOne est un des rares lanceurs à être aéroportés, c’est-à-dire à être portés par avion en haut de la troposphère pour y être largué. Une fois largué, le lanceur allume son étage principal. Cela épargne les besoins d’une plateforme de lancement mais complexifie le vol et limite la taille du lanceur. Il y a aussi le bénéfice de pouvoir décoller de partout depuis la Terre.

Le vol ‘’Above the clouds’’ du 13 janvier était le quatrième vol de la LauncherOne (troisième succès). Il y avait à bord sept cubesats dont plusieurs universitaires ou d’agences publiques. Pour exemple d’une croissante implication des acteurs du New Space dans les programmes institutionnels, la plateforme satellite du cubesat (toute la partie du cubesat dédiée à son fonctionnement) était fournie par la compagnie américaine Spire. Aujourd’hui, les instituts sous-traitent le développement de leurs plateformes satellites au privé, de plus en plus au New Space surtout quand il s’agit de petits satellites ou de cubesats.

Comme autres passagers, il y avait le cubesat STORK 3 de la start-up polonaise SatRevolution. Il s’ajoute à la constellation STORK, dédiée à l’imagerie terrestre. Il y avait aussi le cubesat 3U SteamSat 2 de la compagnie britannique SteamJet Space System. Ce cubesat testera la propulsion à eau dans l’espace pour un petit satellite. Très régulièrement, nous verrons des projets de démonstration technologique incarnés par des cubesats. Ce smallsats peu chers permettent de rendre plus accessible ce genre de démonstration dans l’espace.

Above-The-Clouds-Mission-Patch_380x525 | Virgin Orbit

Isar Aerospace décroche un prix de 10M€

Depuis plusieurs années, l’Union Européenne, d’abord sous forte impulsion allemande, s’est lancée dans une forte politique de soutien aux start-ups du New Space. Celles qui ont le plus besoin de financements sont les start-ups qui développent leur micro-lanceur. Pour les dynamiser, les différentes agences de l’UE ont lancé des concours. Le dernier prix est le EIC Horizon Prize ‘’Low-Cost Space Launch’’, lancé par l’European Innovation Council, branche de la Commission Européenne.

Le prix a été remis le 25 janvier à Bruxelles par le commissaire européen Thierry Breton. La start-up bavaroise Isar Aerospace, vainqueur de ce prix, a été fondée en 2018 et ambitionne un premier tir de leur fusée légère Spectrum à la fin de l’année.

Le tir inaugural de la Zhuque-2 s’approche à grands pas

La start-up chinoise Landspace, fondée en 2015, est une des premières start-ups du New Space chinois à avoir fait son apparition. Avec l’aide de l’Etat, notamment avec du partage de technologie de missile balistique intercontinental, Landspace a pu rapidement mettre au point un micro-lanceur à propulsion solide nommé Zhuque-1. Le vol inaugural eut lieu fin 2018 et fût un échec. Aucun autre vol n’a été proposé depuis, à la suite d’un désaccord avec le fournisseur du moteur solide.

Landspace s’est très vite tourné vers la propulsion à ergols liquides. Comme carburant, la start-up s’est tourné vers le méthane, couplé avec de l’oxygène liquide. L’avantage du méthane est qu’il n’a pas besoin d’être refroidi pour être maintenu à l’état liquide, ce qui permet d’économiser de la masse consacrée à un réservoir plus résistant et un système de refroidissement. Si plusieurs start-ups du New Space ont fait le choix du méthane pour leur futur lanceur, aucune n’est parvenu jusqu’à présent à faire un tir orbital avec ce carburant. Seul SpaceX a fait des tests en vol de son moteur Raptor avec le Starship. Landspace pourrait bien être la première compagnie à réaliser un vol orbital avec du méthane comme carburant.

En novembre dernier, Landspace annonçait que le tir inaugural pourrait avoir lieu au cours du premier trimestre 2022. Comme derniers signes de sa préparation, des images satellites ont révélé des tests fait sur le pas de tir de la Zhuque-2 avec une maquette à taille réelle. La Zhuque-2 a est plus lourde que la Zhuque-1, avec une capacité de charge utile de 4 000 kg à 500 km SSO.

Image
Image du pas de tir au Jiuquan Space Center prise par un satellite d’observation Pléiades. (Airbus Space)

ArianeGroup présente le projet Maia

Le projet a été annoncé le 6 décembre dernier par le ministre de l’économie Bruno Le Maire. Depuis, ArianeGroup a officialisé l’existence de la start-up Maiaspace, en charge de développer ce futur petit lanceur réutilisable, à partir de l’expérience du démonstrateur Themis, en vue d’un tir inaugural en 2026 selon les objectifs fixés par le Président de la République. Ce n’est pas la première fois qu’un groupe industriel classique donne naissance à une start-up/spin-off pour s’introduire dans le marché des micro-lanceurs avec un mode de fonctionnement plus raccord avec l’esprit New Space que de façon classique. Nous avions déjà eu Rocket Factory Augsburg issu de OHB Systems en Allemagne, ou encore ExPace, issu du groupe CASIC en Chine.

Fin janvier, on a pu avoir plus de détails sur le design de Maia.

An image shared by ArianeGroup as a part of ESA's New European Space Transportation Solutions (NESTS) program.
La gamme Maia (ArianeGroup)

En bref 

Un futur lanceur sud-coréen en Norvège

La start-up INNOSPACE a signé un MoU (Memorandum of Understanding) avec l’Andoya Space Center, en Norvège, pour utiliser le site pour lancer son micro-lanceur Hanbit. Fondée en 2017, INNOSPACE développe une gamme de leur lanceur avec des capacités mini, micro, et nano pour la charge utile.

Starlink chassé de l’Inde et du Pakistan ?

Alors que SpaceX vient de dévoiler son service minimum, la vente du service Starlink prend du retard dans certains pays d’Asie. Le 19 janvier, le Pakistan a ordonné à SpaceX d’arrêter de prendre des pré-commandes tant que la compagnie de dispose pas de licence. Plus tôt dans le mois et pour la même raison, le gouvernement indien avait ordonné à SpaceX non seulement de faire la même chose, mais en plus de rembourser toutes les précommandes. Peu après, le directeur de Starlink India quittait son poste. . Le marketing de SpaceX est jugé trop agressif. En même temps, en janvier, SpaceX mettait en orbite le 2000ème satellite Starlink.

Le troisième pas de tir Electron bientôt achevé

Rocket Lab a donné des petites nouvelles du pas de tir LC1B à Mahia Peninsula en Nouvelle-Zélande, annonçant qu’il sera bientôt complet. Il sera probablement inauguré en 2022. Le sort du pas de tir LC2 à Wallops en Virginie reste beaucoup plus incertain. Rocket Lab reste emmêlé dans les procédures administratives.

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Dernière image de Rocket Lab montrant l’érecteur d’Electron du pas de tir LC1B à Mahia Peninsula.

Ouverture : de l’entrée en bourse à l’entrée en crise ?

C’est la question qui se pose depuis quelques semaines. Si des compagnies du New Space américain continuent d’entrer en bourse pour lever des fonds, on commence à douter de cette méthode. Les dernières connues sont le broker D-Orbit, et Virgin Orbit en janvier.

8 commentaires sur « Les news du New Space »

  1. Bonjour,
    Je viens de lire votre revue de presse. Elle est bien charpentée et agréable à lire de part son contenu et de l’écriture. Bravo.

    Jacques Barthelemy

    J’aime

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