Les News du New Space : dans l’ombre d’Artemis

Novembre 2022

Bienvenue dans cette revue de presse du New Space ! Ici, nous balayerons les différentes nouvelles venant du New Space, et de l’écosystème spatial qui se crée et qui se réinvente. Une seule revue pour le mois de novembre. En cause : une actu spatiale chaude très dense (Artemis I, Conseil Ministériel de l’ESA, nouveaux astronautes), et une fois de plus votre serviteur était très pris.

On s’approche pourtant d’un fait historique dans l’ombre d’Artemis I : pour la première fois une start-up privée va partir en route pour un posé sur la Lune. C’est la start-up japonaise iSpace, ex-finaliste du challenge XPrize, qui tentera de poser son lander lunaire privé Hakuto-R. Le décollage était prévu fin novembre. Il est reporté.

Lanceurs : A l’affût des tirs inauguraux

Alors qu’on prend notre mal en patience avec Ariane 6, des évolutions sont à l’étude tandis que le moteur Prometheus crache ses premières flammes. Pour maintenir en vie les lanceurs, La France s’accorde avec l’Allemagne et l’Italie sur une préférence européenne. Côté américain, on guette les tirs inauguraux (Terran 1 en cours d’assemblage, RS 1 qui subit plusieurs délais sur le pas de tir). C’est aussi le temps des crises chez Virgin Orbit, ou encore chez Astra Space, forcé d’abandonner ses projets de mégaconstellation satellite et de licencier 16% de ses forces.

Ceres-1, premier succès en mode nomade

Tir complètement éclipsé par le succès tant attendu du SLS, la start-up chinoise Galactic Energy a réussi son quatrième tir Ceres-1. Le vol a eu lieu le 16 novembre depuis le Jiuquan Space Center. Il y avait 5 satellites d’imagerie Jilin-1 à bord. C’est toutefois le premier tir qui a été assisté par un véhicule TEL (Transport-Erection-Lancement).

Décollage de la Ceres-1 de Galactic Energy (China Media Group)

Regards tournés vers le Nouveau Continent pour le prochain tir Electron

4 novembre, Mahia Peninsula. Rocket Lab réalise son 32ème tir Electron et échoue une fois de plus à capturer son booster par hélicoptère. Il y avait le satellite scientifique suédois MATS à bord. Désormais, tout le monde regarde du côté de Wallops, au pas de tir LC2 qui devrait être inauguré début décembre, après plus d’un an d’attente. L’Electron qui y décollera a déjà fait son test de mise sous pression des réservoirs (WDR) sur le pas de tir. 3 satellites Hawk de surveillance du trafic spatial sont à bord. De son côté, Rocket Lab a récupéré les lancements des satellites scientifiques TROPICS restants, suite à l’échec du premier vol avec Astra.

Skyroot réalise le premier tir fusée privée en Inde

18 novembre, la petite fusée sonde Vikram-S décolle et monte jusqu’à 90 km d’altitude. C’est un jour un peu historique en Inde, c’est la première fois qu’une start-up parvient à faire décoller une fusée dans le pays, même s’il ne s’agit ici que d’un démonstrateur suborbital qui a manqué de peu les limites de l’espace. Le tir du premier lanceur orbital (Vikram-1) est prévu ‘’d’ici un an’’. De son côté, la start-up concurrente Agnikul Cosmos vient d’inaugurer son pas de tir.

Accord entre Exotrail et Isar Aerospace

La start-up française a signé un accord avec l’opérateur de lancement allemand, portant sur plusieurs vol de la future Spectrum emportant le déployeur orbital français Spacevan. Les vols prévus entre 2024 et 2029 seront à destination de l’orbite basse ou de l’orbite de transfert géostationnaire, ce qui permettra à Exotrail d’y livrer des cubesats passagers.

Pleins feux sur l’orbite basse

La Commission Européenne obtient l’accord pour financer sa constellation satellite en orbite basse pour assurer la connectivité sécurisée IRIS². Plusieurs acteurs du New Space européens sont dans le coup dans cette constellation qui fait la concurrence européenne à Starlink. D’ailleurs, SpaceX vient d’avoir l’aval de la FCC pour déployer 7 500 unités de nouvelle génération, contre 30 000 demandés.

Le New Space indien à bord d’un vol PSLV

Un PSLV-XL a décollé le 26 novembre depuis le Satish Dhawan Space Center avec à bord le satellite d’imagerie indien Oceansat-3 (EOS-6) et plusieurs passagers secondaires. Parmi eux, des cubesats suisses d’Astrocast dédié à l’IoT (internet des objets) et Pixxel-TD 1, connu comme étant un des tous premiers satellites du New Space indien à être mis en orbite. La start-up Pixxel se servira de lui comme prototype avant d’envoyer une constellation de 20 satellites d’imagerie terrestre.

Pixxel TD-1 en salle de test. (Pixxel)

Spire propose une nouvelle plateforme de cubesat

Connue pour sa constellation de cubesat 3U Lemur dédiée au suivi du trafic maritime, Spire propose désormais une plateforme de cubesat 16U. Spire prétend que cette plateforme pourrait proposer deux fois plus d’espace dédié à la charge utile que les cubesats 16U actuels : jusqu’à 30 kg de capacité d’accueil. Spire propose également une nouvelle solution pour traquer les navires ayant coupé leur signal d’identification AIS, en concurrence avec la start-up française Unseenlabs.

Expleo achève ses premiers cubesats à Toulouse

 A l’occasion de la Space Tech Expo à Brême, la start-up a annoncé avoir terminé la construction de ses deux premiers cubesats à Toulouse : ENSO 1 & 2. Ces deux cubesats 1U collecterons des données météorologiques. Ils devraient être lancés en 2023.

Le New Space prêt à répondre à la demande militaire

Avec la guerre en Ukraine, la seule section du spatial russe en ébullition est son pan militaire : sur les 21 tirs russes réalisés cette année, 13 sont dédiés à la défense (dont 3 pour la constellation GLONASS, le GNSS russe). Le reste des tirs civils est essentiellement consacré au partenariat de la Russie dans l’ISS (cargo et vaisseau Soyouz). 13 vols en 2022, c’est plus que le double par rapport aux années précédentes. C’est un véritable branle-bas de combat pour remanier l’infrastructure spatiale militaire russe.

Face à au militaire russe, les forces spatiales occidentales commencent à demander des services auprès des acteurs du New Space. Beaucoup de ceux qui sont désormais bien établi vantent la dualité de leurs services. D’autres passent déjà des contrats comme Planet, Maxar, etc… ou encore Rocket Lab qui lance une filiale 100% concentrée sur la commercialisation de ses lanceurs pour la demande du Pentagone ou du Renseignement américain.

3 satellites Hawk juste avant leur mise sous coiffe pour le tir Electron inaugurant le LC2 prévu le 9 décembre. Ces satellites peuvent servir à la surveillance d’interférences criminelles contre un satellite (brouillage). (Rocket Lab)

Statistiques (30 novembre 2022)

Depuis le 1er janvier 2022 :

  • 167 tirs, dont 53 Falcon 9 et 54 tirs chinois
  • 2300 satellites déployés avec succès (missions NROL comptées comme une seule charge utile), dont 220 cubesats et 1600 Starlink.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :