Les News du New Space [7]

Fin avril 2022 :  Libérez-nous de la météo !

Bienvenue dans cette revue de presse ! C’est un nouveau format d’article où je choisirai quelques actualités parmi les plus intéressantes dans le monde du New Space en 2022. Cette revue de presse sera bimensuelle. Pour comprendre pourquoi il est si important de s’intéresser à tous ces nouveaux acteurs du spatial, vous pouvez faire un tour au bilan de 2021 sur le blog.

Planet annonce une nouvelle constellation

Ces deux dernières semaines, le New Space a encore connu de nombreuses levées de fonds, notamment du côté des compagnies proposant de l’imagerie terrestre. Il est clair que l’ultra-documentation de la guerre en Ukraine a permis de mettre à mal l’image de l’armée russe aux yeux du monde. L’imagerie terrestre a aidé les ukrainiens à anticiper les mouvements de troupes russes digne d’une méthodologie du siècle dernier de par sa faible agilité. C’est une démonstration de plus de toute l’intelligence que l’on peut produire à partir de ces observations, et la demande continue d’accroître.

La grosse annonce vient du pilier du New Space Planet. La compagnie est connue pour ses plusieurs constellations de satellites d’observation. Anciennement Planet Labs, la compagnie contrôle la constellation Dove/Flock, constituée de plus de 200 cubesats 3U avec une faible résolution spatiale mais une excellente résolution temporelle. Planet lance aujourd’hui la constellation Pelican, forte de 32 éléments et capable d’apporter une résolution spatiale de 30 cm par pixel.

Pelican remplacera la constellation SkySat, lancée dès 2013 par la filiale de Google Terra Bella, rachetée par Planet en 2017. Pelican pourra apporter jusqu’à 30 images par jour du même endroit. Ce haut taux de revisite visé permet de mieux suivre certaines cibles sur Terre, et permet des applications militaires.

Visuel d’un satellite de la constellation Pelican. Pour un meilleur transfert des images, la compagnie utilisera la bande Ka. (Planet)

HyPr Space lève 1.1 million d’euros

C’est une bonne nouvelle pour le New Space bordelais. La start-up a réussi cette levée de fonds en amorçage pour continuer de financer le développement de leur projet de micro-lanceur réutilisable à propulsion hybride. Fondée en 2019, la compagnie a suivi un chemin de croix face à la défiance envers la propulsion hybride pour un lanceur, c’est-à-dire mêlant à la fois un ergol liquide et un autre solide. Maintenant, HyPrSpace (alias Hybrid Propulsion for Space) est devenu un fer de lance de la rupture technologique en France.

Le micro-lanceur OB-1, qui a été breveté par la start-up, devrait voir le jour en 2023, avec des premiers tests en grandeur nature du côté de Bordeaux, avant un tir inaugural prévu en 2024. HyPr Space se propose de relever le défi avancé par le ministre de l’Economie Bruno Le Maire : avoir un lanceur réutilisable français en 2026. L’Etat a d’ailleurs mis 200 millions d’euros sur la table à destination des micro-lanceurs français, dans le cadre du plan France 2030.

La levée de fonds s’est faite auprès du fonds Geodesic et aussi du French Tech Seed, un fonds géré par BPI France qu’une entreprise peut obtenir avec l’aval du CNES via le Space Ticket. Du côté de Geodesic, les financements viennent du fonds Expansion.

Test du démonstrateur du moteur hybride dans les Landes. (HyPr Space)

En bref

SpaceX bat des records de réutilisation

La compagnie a réalisé un nouveau déploiement Starlink jeudi 21 avril. Toutefois, le booster qui a servi à faire décoller la Falcon 9 depuis Cap Canaveral était le B1060, c’était son douzième vol. SpaceX avait décidé d’arrêter la réutilisation des booster au bout de 10 vols mais il semble qu’ils soient plus résistants que prévu. L’autre record est celui du vol Falcon 9 du 29 avril pour un nouveau déploiement Starlink. Le booster B1062 avait réalisé son vol précédent seulement 20 jours avant ! Un nouveau record qui garantit la cadence.

RFA remporte la deuxième place du concours de lanceurs en Allemagne

Sans trop de surprise, la spin-off d’OHB basée à Augsburg gagne la deuxième place du concours lancé par l’agence spatiale allemande (DLR) et le Bundestag. La première place avait été remportée par Isar Aerospace. RFA a pu donc gagner le prix de 11 millions d’euros de contrats portant sur deux vols pour le gouvernement allemand. Le candidat malheureux de ce concours est la start-up HyImpulse, qui travaille sur un micro-lanceur à propulsion hybride.

Ouverture : délivrez-nous de la météo !

Depuis plus d’une semaine, nous sommes dans l’attente du prochain tir de Rocket Lab, prévu la nuit prochaine à l’heure où j’écris ces lignes. A l’occasion de ce tir Electron, Rocket Lab souhaite tenter pour la première fois la récupération par hélicoptère du booster principal dans son objectif de réutilisation. (Article à venir). Tous les reports de ce tir sont à cause d’une météo défavorable dans la zone de récupération. Les reports pour cause de météo sont de plus en plus récurrents dans le spatial, au risque que ces retards deviennent trop coûteux ?

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